TEST: Final Fantasy VII Remake

Nous l’attendions avec impatience, il est enfin entre nos mains avides, après de longues années d’attente. Final Fantasy VII Remake est sortit malgré lui à une période cruciale, pour venir égayer nos journées (et nos nuits), en ces temps troubles et difficiles. Avant tout autre propos, il va sans dire que Final Fantasy VII Remake n’est pas un titre que l’on peut noter aisément. Dans un premier temps parce qu’il à la lourde tâche de succéder à un titre iconique dans l’histoire du jeu vidéo, et dans un second temps, car il est sans nul doute la porte d’entrée pour beaucoup de joueurs, à la franchise Final Fantasy, comme le fut son aîné à son époque. L’histoire se répète-t-elle une fois encore et avons nous droit à un titre emblématique ? C’est ce que nous allons essayer de découvrir dans les lignes qui vont suivre.

Note avant propos : Afin de ne pas gâcher votre expérience future sur le titre, ce test ne contiendra évidemment aucun spoiler majeur pouvant biaiser votre découverte de l’histoire.

Les grands plats…dans les grands

Alors oui, me direz-vous, nous avions dores et déjà eu l’occasion de poser nos mains sur le début du jeu que constituait la démo, représentant plus ou moins les toutes premières heures de jeu. Si nous avions alors été conquis par tout ce que celle-ci représentait alors, nous étions pourtant loin de nous douter qu’elle n’était en réalité, qu’un vague aperçu de la suite.

Le jeu démarre avec une cinématique de toute splendeur, à la grande habitude des productions signées Square Enix, et surtout sur la saga Final Fantasy où celles-ci ont toujours été soignées et de grande qualité. Ainsi au long de cette séquence en images de synthèse, on découvre avec émerveillement une Midgar (ville où se déroulera exclusivement notre aventure dans ce remake), grouillante de vie et semblant être d’une envergure encore plus considérable. Nous avons ainsi un aperçu de ce que nous avions tant envie de découvrir dans l’épisode original, est qui est la raison d’être de ce remake : une entrée dans le détail marquée de cette partie de l’aventure.

Et quelle claque ! Graphiquement le jeu est somptueux et présente une pléthore de détails gargantuesque, comparable à la taille que le jeu représentera sur votre disque dur : 100 GB et deux disques Blue-Ray pour cette exclusivité temporaire PS4. L’utilisation de l’Unreal Engine, que l’on sent maîtrisée par les développeurs, permet à Square de livrer une copie somptueuse (mention spéciale à Wall market, mais surtout à la Tour Shinra), révélatrice de la fin de vie de cette génération de console, celle-ci nous livrant alors tout ce qu’elle à dans le ventre.

Nous avons effectué ce test sur PS4 Pro et nous avons pu constater des différences visuelles notables, notamment en termes d’affichage et de fluidité, par rapport à une PS4 dîte « classique ». Même si cette copie à dans l’ensemble été bien optimisée, nous vous recommandons d’y jouer sur la dernière machine de Sony, dans la mesure du possible, celle-ci exploitant au mieux le titre dans ce qu’il a à offrir visuellement ainsi qu’en termes de fluidité. Du côté des écueils techniques, on notera certaines textures baveuses ou de qualité discutable à certains endroits précis (mon dieu la porte de l’appartement du secteur 7!), ce qui on l’espère sera peaufiné par une future mise à jour.

Cependant outre ces quelques rares errements, ces derniers ne dégradent en rien l’ensemble, qui lui représente ce que l’on peut trouver de mieux à ce jour, sur consoles de salon. Les décors fourmillent de détails, et les ambiances et éclairages, participent grandement à l’immersion. La modélisation et les animations des personnages, sont quant à elles, exemplaires.

On notera pourtant une certaine réutilisation de modèles , pour ce qui est des PNJ. Et ceux-ci sont trop typés “occidentaux” ce qui jure d’une certaine manière, avec les personnages principaux très typés. Le sound design est lui aussi de grande qualité. Et que dire de la bande originale du jeu ? Cette dernière était déjà iconique dans l’épisode original, mais ici les différentes musiques ont été réochestrées, de telles manière que celles-ci sont évolutives en fonction des situations. De ce fait, elles participent elles aussi fortement à l’immersion. On déplorera cependant le fait que certains morceaux aient été écartés de la bande originale de ce remake : en effet certains morceaux plus calmes et tout aussi magnifiques, ont fait l’impasse, pour laisser place à d’autres plus toniques, et donner ainsi un sentiment d’action constante. Malgré quelques moments iconiques plus posés, qui eux, bien heureusement, n’ont pas été tronqués.

L’action, maître mot de cet épisode

Si nous avons pu voir dans les lignes précédentes, que l’environnement qui nous est proposé est sujet à l’exploration et à la contemplation, il n’est cependant pas ouvert pour autant. Nous le savions bien avant la sortie du soft, mais au risque de vous décevoir si vous n’en aviez pas alors connaissance : non, Final Fantasy VII Remake n’est pas un monde ouvert. La ville de Midgar est bel et bien découpée en plusieurs zones, cloisonnées. Un aspect somme toutes contradictoire avec la volonté initiale des développeurs de nous faire explorer la ville. Attention cependant, nous l’explorons d’une certaine manière, certes. Mais nous étions peut-être en droit de nous attendre à quelque chose d’un peu moins, « couloir ». Je m’explique : le jeu est divisé en différents chapitres, chacun de manière générale, correspondant à une zone de la ville donnée. Vous aurez l’occasion, au long de l’aventure, de retourner dans certaines zones, mais dans la limite imposée par les développeurs. Vous ne serez donc pas libre de vos mouvements et changer de zone comme bon vous semble, de même que certaines parties desdites zones, resterons inaccessibles un certain temps, pour les besoins de l’histoire. Un mal pour un bien, d’une certaine manière, mais quelque peu frustrant à la longue. On sent que le fil rouge est cousu et que les développeurs ne souhaitent pas que l’on s’en écarte au delà des limites préétablies.

Car l’action est au centre de l’expérience de jeu, sans aucun doute. Et cela passe par le découpage global du jeu qui fait que l’on a, en quelque sorte, pas le temps de poser le pied à terre, tant les événements, plus spectaculaires les uns que les autres s’enchaînent à une vitesse folle. Et cela passe en grande partie par des combats. Si le système de combat était déjà unique et au cœur de l’expérience de jeu dans l’épisode original, il en est de même dans ce remake. En effet, nous vous recommanderons de lancer votre partie dans le mode normal, qui sera en premier lieu le mode le plus difficile du jeu. Sans cela, vous ne pourrez en effet que survoler la richesse de ce dernier, et vous ne pourrez apprécier ce que celui-ci a à offrir en termes d’expérience de jeu.

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Pour faire simple, il vous suffira de foncer dans le tas et de « bourriner » les trois quarts du temps dans les modes faciles, sans aucune subtilité. Outre le fait que cela puisse convenir à une certaine partie des néophytes du JRPG, cela entache grandement l’expérience et peut devenir extrêmement rébarbatif. Vous utiliserez les objets en cas de coups durs, deux ou trois sorts lorsqu’on vous le demandera, et ça s’arrête là. Mais le système de combat à tellement mieux à offrir ! Si vous êtes un temps soit peu curieux et souhaitez apprécier l’expérience de jeu à sa juste valeur, dirigez vous vers le mode normal, qui constituera alors une sorte de tutoriel géant quant à l’utilisation des matérias, et vous procurera bien plus de satisfaction en terme de jouabilité. Je parle de tutoriel géant ici, dans le sens où le mode normal n’est, en quelque sorte, qu’un prétexte à l’introduction du mode difficile, qui lui vous privera de l’utilisation des objets au profit des matérias, et vous procurera l’expérience la plus gratifiante, avec son lot de bonus en matière de missions et collectibles .

Les matérias d’ailleurs, constituaient quant à elles, le cœur du système de combat de l’épisode original. Si c’est le cas de ce remake également, on regrettera seulement que leur gestion soit un poil moins poussée, et ne soit pas proposée à tous les types de joueurs, étant par défaut réservée à ceux souhaitant vraiment s’y investir. Cela s’inscrit probablement dans une volonté de Square, de pouvoir rendre son titre accessible au plus grand nombre, et à l’instar de Final Fantasy XV, que ce dernier représente une porte d’entrée pour les néophytes à leur franchise, au JRPG en général, aussi bien qu’aux joueurs ayant fait l’impasse sur l’épisode original à sa sortie, de même qu’aux joueurs issus de générations plus récentes.

Car le système de matéria est riche et permet une grande variété de stratégies en combat. Outre le fait que l’action en temps réel soit au cœur du système, une pause active, héritée en quelque sorte du système au tour par tour de l’épisode original, permet d’anticiper nos actions en fonction de celles de nos adversaires. Et c’est bien là tout le cœur de la richesse du système de combat du soft. Il vous faudra ainsi switcher sans cesse entre les différents personnages qui vous accompagneront , jouer de leurs compétences et capacités, mais aussi des vôtres. Vous serez aidés en cela par la pause active, très utile, mais aussi par une capacité d’analyse conférée par une matéria, vous permettant d’obtenir un descriptif complet des adversaires rencontrés, et d’obtenir les informations nécessaires pour les vaincre. De même vous pourrez mettre vos ennemis en état de choc via une jauge, les rendant ainsi plus vulnérables à vos attaques. Vous pourrez aussi améliorer vos différentes compétences via les différentes armes disponibles pour chacun de vos personnages, par le biais d’un sphérier disponible pour chacune d’entre elles.

Ce dernier permettra en outre de débloquer des emplacements de matérias sur vos armes, sur lesquelles vous pourrez ensuite les équiper. Les matérias peuvent également gagner en expérience, et l’obtiennent de manière évolutive en fonction de leur utilisation en combat. Ces matérias pourront également être insérées sur des pièces d’équipement, et peuvent être liées entre elles afin d’optimiser leurs effets. En somme vous passerez un certain temps à optimiser vos matérias et votre équipement, de même qu’a faire évoluer les différentes compétences liées à vos armes.

Quid de l’histoire dans tout ça ?

Outre le fait d’une action quasi omniprésente, le titre n’en oublie pas pour autant de nous narrer une grande épopée : celle de Cloud, ex-SOLDAT, devenu mercenaire à la solde du groupuscule écoterroriste Avalanche. Vous affronterez ainsi la société Shinra, qui puise inexorablement la rivière de la vie de la planète pour la convertir en énergie Mako à l’aide de réacteurs. Forte de ses personnages hauts en couleurs et charismatiques (on pense notamment à Jessie, Wedge et Biggs qui ont été beaucoup plus travaillés), l’histoire prenante et bien écrite propose sont lot, et ici conséquent, de rebondissements, servis la plupart du temps par des effets et cinématiques somptueux.

On se sent impliqué dans la trame principale et on s’attache aux personnages qui sont tous uniques bien écrits. Et ce même si Barret et Aerith pourront quelquefois vous sembler agaçants, c’est en apprenant à les connaître que vous pourrez les apprécier à leur juste valeur, car chacun à son histoire. L’humour est souvent présent dans cet épisode, tout comme dans l’original, et certains moments sont souvent vraiment drôles. On aura aussi droit à quelques moments un peu « niais », dans la grande tradition des JRPG et de manière fidèle à l’original, mais cependant jamais dans l’excès. Sephiroth, quant à lui, revient plus torturé et iconique que jamais pour notre plus grand plaisir, ce qui va donner à Cloud, des maux de tête récurrents, un moyen, ainsi qu’avec les flashbacks ponctuant l’aventure, d’approfondir l’histoire et la psychologie des personnages.

Si le déroulement de l’aventure, est dans l’ensemble, lui aussi fidèle au titre de 1997, il regorge de petits clins d’oeil et de fan service, tout en prenant quelques libertés afin d’approfondir la trame principale, mais nous propose à la fois un déroulement bien spécifique, notamment la fin. Car à la base, qu’on se le dise, cette partie de l’histoire ne dure en réalité que 5 ou 6 heures dans l’épisode original ! Et ici l’aventure du remake vous prendra une cinquantaine d’heures en mode normal, en incluant les quêtes annexes. Comptez donc une trentaine d’heures pour la trame principale uniquement. En mode difficile et en récupérant tous les éléments et trophées, il vous faudra certainement pousser le total à une bonne centaine d’heures voire plus.

Mais me direz-vous, comment convertir une si petite partie au final, en un titre complet et conséquent. Et bien au delà des libertés prises et nouveaux éléments apportés quant à l’histoire principale, une pléthore de contenus annexes ont été ajoutés. Si certains d’entre eux pour la plupart, sont bienvenus, comme les mini-jeux par exemple, d’autres se présentes sous forme de quêtes faisant clairement office de remplissage et peu intéressantes. Dommage, les développeurs auraient pu en travaillant un peu plus cet aspect, nous proposer un contenu moins monotone en nous faisant découvrir de manière plus approfondie, la vie des habitants de Midgar. Cependant, l’exploration des différents environnements reste quant à elle récompensée. On regrettera pourtant la sélection de chapitres du mode difficile qui restreint la liberté du joueur et nous contraint à recommencer les chapitres dans leur intégralité sans avoir accès aux librement aux différentes zones du jeu.

Quant on voit le reste de l’histoire qui ne nous à pas été proposé ici et qui fera l’objet de futurs épisodes, on à du mal à imaginer comment les développeurs vont pouvoir conserver un niveau de détail aussi élévé sans réaliser un nombre conséquent de suites. Car le travail qui les attend est colossal, à la vue de l’épisode original, déjà gigantesque pour son époque. Un remake donc, dans les traces de son prédécesseur, indéniablement.

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